Présentation
La "bonne action" d'un groupe scout...
C'est en 1966 qu’a commencé l’aventure, au départ d’un service offert au propriétaire du château fort de Montaigle, Jean del Marmol, par une troupe scoute namuroise venue déboiser l’intérieur de ce beau monument alors en péril et fermé au public. Par la suite, certains membres particulièrement motivés de l'équipe ont proposé de poursuivre leur contribution bénévole à la sauvegarde et à la mise en valeur de ce site remarquable.
L'Association de fait Les Amis de Montaigle – La convention de 1969
Une première convention passée en 1969 avec Jean et Patrick del Marmol, à l’époque respectivement usufruitier et nu-propriétaire de Montaigle, autorisait le groupement, qui restera très longtemps association de fait, à œuvrer dans les ruines et mettait à sa disposition une masure voisine (également en ruines et sans aucune commodité) à restaurer complètement. L’association exerçait alors des activités dominicales régulières : déboisement, protection, déblaiements (avec forcément des découvertes archéologiques), consolidation, alimentation du château en eau et en électricité, etc. Soutenu par de nombreux gestes de mécénat, le groupe développa progressivement son action, notamment en tirant parti d’une belle salle voûtée des ruines apte à accueillir des activités culturelles (théâtre, récital de musique ancienne, repas médiéval, etc.).
La convention de 1977 et la consolidation systématique des ruines de Montaigle
En 1977, une nouvelle convention fut conclue avec Patrick del Marmol seul (son père étant décédé), en vue de mieux définir les initiatives que pouvait prendre l’association dans le domaine de la consolidation du monument et de sa mise en valeur touristique et culturelle (l'ouverture officielle des ruines date de 1986).
Par des expositions et par la publication d’un périodique (Bulletin des Amis de Montaigle), l’association s’attacha aussi à mettre en valeur l’intérêt architectural, archéologique et historique du monument, ce qui permit de sensibiliser l’opinion puis les pouvoirs publics.
En 1976 déjà, préoccupés par l'état de délabrement de certaines murailles du monument et ne voyant pas comment rassembler rapidement les fonds nécessaires à leur consolidation, les Amis de Montaigle avaient sollicité le mécénat de la S.A. Pasek, d'Anhée, spécialiste de la projection de béton réfractaire dans le domaine de la sidérurgie, et ce en proposant à cette entreprise d'étudier en commun les possibilités d'adapter la technique moderne de projection de béton, dite "gunitage", à la consolidation d'un monument en péril.
Ce procédé consiste à véhiculer, sous pression et par tuyauterie souple, jusqu’à l’endroit d’intervention, un micro-béton à l’état sec dont l’humidification, réglable, s’opère au niveau de la lance de projection (ou « gun », fusil, pistolet en anglais).
A Montaigle, il fallait, d'une part, fixer, par projection, de grandes surfaces de pierres de blocage mises à nu par la chute de parements, d'autre part, rejointoyer en profondeur, par insufflation, de nombreux parements, et ce, aussi discrètement que possible, sans compromettre ni l'intégrité ni l'esthétique du monument.
Le mur à traiter doit avoir été débarrassé préalablement des racines et du mortier désagrégé par un traitement à l’outil, puis à l’air comprimé. Si nécessaire, les pierres sont numérotées, démontées puis remises en place. Selon le cas, on recourt à l'insufflation ou à la projection d’un micro-béton de composition et de teinte appropriées. Quand celui-ci a suffisamment durci, on nettoie à l’eau un maximum de pierres en saillie.
D'abord limitée à quelques parties de l'édifice, cette expérience-pilote fut soumise à l'appréciation d'une délégation de la Commission royale des Monuments et des Sites invitée sur les lieux (juillet 1976). L'expérience fut jugée prometteuse : elle offrait des possibilités de consolidation plus larges, plus rapides, plus aisées, plus efficaces et certainement moins coûteuses que les techniques classiques, et ce en particulier grâce à la possibilité de remarier solidement en profondeur un mur disjoint, sans démontage préalable de celui-ci...
Dûment sensibilisés, les pouvoirs publics, d'abord la Communauté française puis la Région wallonne ont alors soutenu la consolidation systématique des ruines, laquelle a été réalisée conjointement par la Société Pasek et par le personnel de Montaigle, chargé quant à lui de la préparation des interventions et du nettoyage après celles-ci.
La méthode a rencontré un certain intérêt à l'époque et a été imitée dans d'autres monuments en péril analogues, mais peut-être pas toujours avec le même résultat.
On ne recourt plus au gunitage à Montaigle depuis de nombreuses années, vu que ce n'est plus nécessaire. Les zones traitées naguère en attente par projection cèdent progressivement la place à des maçonneries de reconstitution, conformément à l'objectif de départ.
L'action des Amis de Montaigle a été primée en 1984 par la Fondation Roi Baudouin et en 1993 par l'Association royale des Demeures historiques de Belgique.
L'ASBL Les Amis de Montaigle (version 2004)
C'est depuis 1982 que les Amis de Montaigle bénéficient de l'assistance de personnel partiellement rémunéré par les pouvoirs publics (les divers programmes de résorption du chômage : CST, TCT, PRIME). Mais le dernier en date, dit « A.P.E. » (Aides à la Promotion de l’Emploi), a imposé aux associations subsidiées d’être constituées en ASBL pour pouvoir continuer à recevoir cette forme d’aide.
Cette contrainte a imposé aux Amis de Montaigle d'adopter un mode de fonctionnement très différent de l'équipe de travailleurs bénévoles du dimanche de jadis : c'est une entreprise avec un règlement de travail, des lois sociales à respecter, des relevés de prestations à établir et à transmettre à un secrétariat social, des salaires à payer à temps et à heure, des états de salaires à communiquer dans les délais au Forem sous peine de ne pas recevoir la subvention mensuelle, et bien d'autres obligations légales...
Bien que le site de Montaigle soit devenu patrimoine majeur de Wallonie, du fait que les travaux de consolidation et de protection des ruines étaient très avancés, les interventions financières de la Division du Patrimoine (Région wallonne) se sont raréfiées tandis que croissaient les besoins liés à la mise en valeur culturelle et touristique du monument. C’est à d'autres portes qu'il faudrait pouvoir frapper à présent, comme celle du Commissariat général au Tourisme (=CGT). Des possibilités de subvention existent de ce côté pour des infrastructures d’accueil touristique, mais à condition que le CGT puisse traiter:
– avec une ASBL bénéficiant d’une convention de gestion définissant l'étendue de ses initiatives, ou
– avec une ASBL de gestion ayant pour partenaire le propriétaire et comme objet social la gestion journalière des ruines.
Pour le CGT, un interlocuteur valable doit disposer d’une autonomie suffisante pour décider quelles sont les infrastructures nécessaires et pour se porter garant de l’usage touristique auquel elles sont destinées, durant un temps donné (une quinzaine d’années après l’octroi des subsides, sous peine de devoir les rembourser).
L'ASBL Les Amis de Montaigle ( version 2016)
Cette seconde condition a orienté l'évolution de l'ASBL. Faute de relève au sein même de l'association, la question s'est donc posée de savoir si le propriétaire des ruines et sa famille souhaitaient ou non prendre le relais, poursuivre l'objet social des Amis de Montaigle et garder ainsi le personnel A.P.E.. Car il faut ne pas perdre de vue que les subsides sont accordés au projet de l'ASBL et non aux ruines de Montaigle.
Finalement, en 2016, la gouvernance de l'ASBL Les Amis de Montaigle a été transmise à la famille del Marmol (Moniteur belge, 30-09-2016), laquelle, avec quatre administrateurs sur huit, dont le président, peut dès à présent donner au projet A.P.E. l'orientation qu'elle souhaite, dans le respect, bien sûr, de son esprit initial qui lui a valu d'être cautionné et subventionné par les pouvoirs publics.
Quels sont les défis actuels?
Nécessité d'aménager une aire de stationnement adéquate dans les terrains proches des ruines acquis en 2016 par le propriétaire.
Nécessité de faire face à la disponibilité malheureusement limitée des représentants de la famille.
Recherche de synergie avec l'un ou l'autre groupement ayant des centres d'intérêt convergents. L'objet social des Amis de Montaigle permet cette éventualité, puisqu'il vise "la promotion du passé médiéval de la région namuroise, par la sauvegarde, la mise en valeur culturelle et touristique de vestiges ou d’objets de cette époque et, en particulier, la sauvegarde et la mise en valeur des ruines du Château médiéval de Montaigle, à Falaën, en concertation avec leur propriétaire".
Des synergies sont tout à fait envisageables, comme par exemple des détachements de personnel A.P.E., de façon temporaire (pour mission spéciale), moyennant autorisation de la Région wallonne. Cela s'est déjà fait naguère, du personnel de Montaigle ayant par exemple travaillé à la villa romaine de la Malagne (archéoparc de Rochefort).
Il ne manque d'ailleurs pas de ruines médiévales en Haute Meuse dinantaise, par exemple, où le savoir-faire du personnel de Montaigle pourrait être utile. L'équipe A.P.E. des Amis de Montaigle, du moins ses ouvriers, pourrait en quelque sorte devenir "volante", en fonction des besoins. Et le fait d'avoir un champ d'action d'intérêt régional permettrait de solliciter des dons fiscalement déductibles.
Cela demanderait toutefois, entre groupements partenaires, une formule de mise en commun des ressources humaines et financières, parce que, en dépit des subventions, le coût restant à charge des Amis de Montaigle est de plus en plus lourd, vu que l'ancienneté du personnel n'est pratiquement pas prise en compte par la Région wallonne.
Les ruines, quant à elles, bénéficieraient sans doute d'une protection plus sûre et seraient davantage perçues comme monument d'intérêt public plutôt que comme bien privé, si, par bail emphytéotique, elles étaient placées sous la protection d'une fondation d'utilité publique spécifique ou si leur gestion était confiée à la Région wallonne.
Naguère monument en péril, Montaigle fait à présent partie d'un site exceptionnel de Wallonie. Par l'ampleur et la beauté de ses vestiges, par la mise en valeur qui en est faite sur les plans archéologique, historique, didactique, esthétique et autres, Montaigle est probablement le plus représentatif des châteaux des comtes de Namur, construit en outre à l'emplacement d'une fortification du Bas-Empire (IIIe-Ve s.) dont on a pu mettre au jour des murs encore suggestifs.
Jacques BECKMAN,
fondateur, président honoraire
de l'Association des Amis de Montaigle
Juin 2019
Activités
Le projet concerne le sauvetage et la mise en valeur culturelle et touristique de la forteresse médiévale de Montaigle (Falaën-Onhaye), site monumental exceptionnel de Wallonie.
• ACTIVITES TECHNIQUES
CONSOLIDATION : terrassements, fouilles; échafaudages ; consolidation, voire reconstitution des maçonneries – Transport matériaux et gravats.
PROTECTION : infiltrations d'eau, intrusions
AMÉNAGEMENTS divers notamment pour faciliter une circulation sécurisée –
PROPRETE GENERALE et maîtrise de la végétation
• ACCUEIL TOURISTIQUE ET ACTIVITES CULTURELLES
Promotion touristique (dont sites internet et Facebook)
Accueil visiteurs et information
Animations scolaires (découverte de la vie médiévale, du château, de ses dépendance et du milieu naturel dans lequel il s’inscrit)
Maintenance du musée archéologique
Potager médiéval et pisciculture
Organisation d'événements et encadrement
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Galerie
Localisation
Marteau 10 5522 Onhaye